Femmes métropolitaines illustres de notre famille.

Au cours de mes recherches, j’ai découvert plusieurs personnages féminins qui ont eu un rôle remarqué à la Réunion.
La grande majorité des premières femmes métropolitaines est arrivée entre 1674 et 1690 directement en provenance de Lorient ou via Madagascar (Fort-Dauphin).
  • Antoinette Arnaud ou Renaud, native de Lyon, qui s’était d’abord rendue à Madagascar. Elle épouse Jean Bellon dont elle aura un fils et 6 filles,
  • Marie Baudry, native de Calais. Elle épouse René Hoareau,
  • Marguerite Compiègne, originaire de Picardie, âgée de 15 ans. Elle épouse le fameux François Mussard. Marguerite Compiègne était réputée pour être particulièrement cruelle envers ses esclaves,
  • Nicole Coulon, originaire de Paris, âgée de  19 ans. Elle épouse Pierre Martin (1674) à Fort-Dauphin,
  • Jeanne de La Croix, originaire de Boulogne-sur-Mer, âgée également de 15 ans. Elle épouse en premières noces Claude Mollet (1667), puis en secondes noces Pierre Hibon (1680),
  • Léonarde Pille, native de la Manche qui a épousé Henri Dennemont, puis Jean Brun (1679),
  • Françoise Chastelain de Cressy (ou de Crécy). Elle épouse en premières noces Jacques Le Lièvre de Sauval (1674), puis Michel Esparon (1678), Jacques Carré (1686) et en dernières noces Augustin Panon (1694).

Cette dernière a marqué l’histoire des premières réunionnaises. Comme toutes les grands-mères réunionnaises (malgaches, indiennes, françaises), elle est l’ancêtre de nombreux réunionnaises et réunionnais.

Le passé de Françoise Chastelain de Cressy avant son arrivée à l’île Bourbon est mal connu et très discuté.

  • Selon certaines thèses, Françoise Chastelain de Cressy aurait été une orpheline hébergée à l’Hospice de la Salpêtrière à Paris. Alors âgée de seize ans, elle aurait été parmi quinze adolescentes surnommées “Les Filles du Roi” envoyées vers l’île Bourbon à bord du bateau “La Dunkerquoise” pour épouser des colons. Après dix mois de traversée, il est finalement décidé de laisser les jeunes filles s’installer plutôt dans la colonie de Fort-Dauphin à Madagascar. Un mariage collectif est organisé le 27 octobre 1674 durant lequel Françoise Chastelain de Cressy aurait épousé un enseigne de navire. Malheureusement, pendant la cérémonie de mariage, des Malgaches attaquent la colonie lors du Massacre de Fort-Dauphin. Soixante-quinze français meurent sous leurs coups, y compris vraisemblablement le nouvel époux de Françoise Chastelain de Cressy. Elle serait alors partie pour La Réunion avec vingt-et-un survivants du massacre et aurait ensuite épousé Jacques Le Lièvre de Sauval, un autre colon de Fort-Dauphin. Il aurait été tué à son tour deux ans plus tard lors d’une révolte d’esclaves marrons.
  • D’après d’autres hypothèses, le père de Françoise Chastelain de Cressy aurait en fait un lien avec la ville de Falaise en Normandie et elle serait née en 1654 dans un château (château de Dangé). À la mort de sa mère en 1665, elle serait partie vivre à Falaise où elle aurait rencontré Jacques Le Lièvre de Sauval, officier de Marine peu de temps avant qu’il ne soit envoyé dans l’océan Indien. Ils se seraient fiancés et elle l’aurait rejoint par la suite en voyageant à bord de “La Dunkerquoise” pour l’épouser l’année suivante à Fort-Dauphin. Ils auraient ensuite quitté ensemble Madagascar pour l’île Bourbon en 1676 avant que Jacques Le Lièvre de Sauval ne soit tué dans une révolte d’esclaves marrons à Sainte-Suzanne en 1678.
  • Enfin, d’autres spécialistes avancent que Françoise Chastelain de Cressy serait née en 1660 dans le Maine-et-Loire. Elle aurait déjà été mariée à
  • Jacques Le Lièvre de Sauval, originaire de Rouen, lors de son arrivée à Madagascar avant 1674 et ils auraient tous deux échappé au massacre de Fort-Dauphin.

Un personnage dont l’histoire est encore remplie d’interrogations et les recherches effectuées par différents historiens sont toujours en cours.

Sources :

  • Dictionnaire généalogique des familles de l’île Bourbon (1665-1810) de Camille Ricquebourg
  • L’épopée des cinq cents premiers réunionnais – Dictionnaire du peuplement (1663~1713) de Jules Benard et Bernard Monge.
  • Anthologie des femmes illustres de la Réunion de 1663 à nos jours de Frédéric Mocatel
  • Archives familiales.
  • Archives de la Compagnie des Indes Orientales (Musée de Port-Louis à Lorient).
  • Wikipedia / Portail de l’esclavage à la Réunion / Anom
  • Archives départementales de la Réunion

 

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