Les « Lannux » en Angoumois et en Bretagne.

Noël de Lannux apparaît comme étant le fils aîné de Jean de Lannux, marchand à Garos (Pyrénées Atlantiques) et de Jeanne de Cauhapé, sur un document d’inventaire des biens de son père fait le 5 juillet 1691. Il est le frère aîné de Jean Baptiste de Lanux, écuyer ordinaire d’Anne d’Autriche, femme de Louis XIII, Reine-mère et Régente de France.

Il est natif de Garos, sa date de naissance peut être fixée en 1625, ses parents s’étant mariés en 1624. Il quitte cette ville en 1641, il a juste 17 ans, pour émigrer vers la Saintonge.

Il s’installe d’abord à Nersac (Charentes) où il est successivement :

  • Procureur général et spécial de Pierre de Puybusque de La Genebrière, né le 28 janvier 1675. Il demeure au château de La Mothe-Charente.
  • Procureur fondé de procuration de messire Henry François de Gentils, chevalier seigneur de Langallerie maître du camp de cavalerie de sa Majesté le Roi, toujours au château de La Mothe-Charente.

Vers 1670, il épouse à Nersac, Elisabeth Gaudin (née vers 1630), probablement à La Chaume, décédée avant 1710 car Noël de Lannux apparaît comme veuf sur le contrat de mariage de sa fille le 4 octobre 1710.

En 1684, il s’installe au lieu dit « la Chaume », paroisse de Roullet en Charentes, où il vivait encore en 1691. Il est alors Sieur de la Chaume. Il revient quelquefois à Garos puis reste 17 ans sans y revenir. Il y revient en 1674, au décès de son père et le 5 juillet 1691 pour faire l’inventaire de la succession.

En 1691, il se rend à Garos pour s’occuper de faire l’inventaire des biens de ses parents, après avoir reçu un acte de donation de ses frères Jean Baptiste et Dominique passé chez Lenormand notaire à Paris, il loue tous les biens en terre et maison à son cousin Jean de Sans pour 998 Francs bourdalois (région de Bordeaux).

Il décède entre 1708 et 1709, en effet, le 20 août 1709, il apparaît dans un acte de renonciation d’héritage de Marie de Lannux sa fille, en faveur de son frère Dominique de Lannux, sieur de La Chaume, maître chirurgien, demeurant à Roullet en Angoumois. Dans cet acte de renonciation, les parents nommés sont défunts Noël de Lannux, sieur de La Chaume et Elisabeth Gaudin.

Il y a eu au moins deux enfants de ce mariage :

  • Dominique de LANNUX
  • Marie Anne de LANNUX

Marie de Lannux ne semble pas avoir eu de descendance, ou tout au moins de descendance vivante à son décès.

Dominique de Lannux (de la Chaume)

Fils de Noël de Lannux et de Elisabeth Gaudin. Il apparaît comme sieur de La Chaume, demeurant à la paroisse du Roullet en Angoumois en 1709 où il occupait les fonctions de maître chirurgien.

Il est né à La Chaume, paroisse du Roullet (Charentes) entre 1655 et 1665. Il se marie entre 1685 et 1695 avec Madeleine de Villedary, paroisse du Roullet. Il était décédé en 1756 lors du mariage de son fils Jean. Elle est née vers 1652 à Sainte Séverin (Charentes) et elle est présente à Morlaix en août 1756 pour le mariage de son fils Jean Lannux de La Chaume. Elle décède à Morlaix, paroisse St Melaine, le 25 décembre 1762.

Le 20 août 1709, par acte passé par-devant Renard, notaire à Paris, sa sœur Marie, alors majeure, renonce à la succession de ses parents en sa faveur, il sera donc seul héritier de Noël de Lannux.

De ce mariage, il a au moins 10 enfants :

  1. Jean de LANNUX de la Chaume l’aîné, qui suit
  2. François de LANNUX *
  3. Jean de LANNUX de la Chaume, puîné *
  4. Françoise de LANNUX *
  5. Pierre de LANNUX *
  6. Magdeleine de LANNUX *
  7. Jean de LANNUX, sieur de la Groix *
  8. Françoise de LANNUX *
  9. François LANNUX *
  10. Charles François LANNUX *

* Ces autres enfants feront l’objet d’un autre article.

Jean de Lannux de La Chaume l’aîné

Premier enfant de Dominique et de Madeleine de Villedary, il est né à la Chaume, paroisse du Roullet (Charentes) entre 1696 et 1710. Il décède après 1776 à Morlaix.

Jean de Lannux l’aîné est, d’après l’« Histoire de Morlaix » de Joachim Darsel, un négociant en toiles de Morlaix. Son entreprise devient importante. Il a alors une activité de banquier et fait fortune. Joachim Darsel le cite pour avoir acquis dans le commerce des toiles, des richesses importantes. On trouve aux archives des actes de propriété datant du 24 novembre 1739, des navires « la Parfaite », « le Triton » et « le Neptune ». Jean Lannux de la Chaume est l’un des propriétaires.

En 1740, « la Parfaite », commandée par M. d’Estournel, part pour la Martinique où trois autres voiliers français, sous les ordres du chevalier d’Epinay, démâtent six vaisseaux anglais après une lutte de quatre heures.

En 1746, « le Neptune » est chargé avec trois autres navires de convoyer à Saint-Domingue une flotte de 260 voiles, combat en vue de l’île contre l’amiral anglais Michel qui est mis en fuite et au retour prend « la Severn » de 56 canons. Lannux de La Chaume est à l’époque l’un des négociants les plus influents de la région de Morlaix, cité comme tel en 1743 et en 1763.

En 1747, « le Neptune » est rattaché à l’escadre de M. de l’Etenduère qui convoie en Amérique une flotte de 360 bâtiments ; mémorable bataille de l’Etenduère, engagée entre 15 vaisseaux de ligne et les deux frégates de l’amiral Hawke contre 8 navires français (25 octobre). La lutte dure de dix heures du matin à six heures du soir, « le Neptune » est désemparé et brûlé.

En 1751, il est fondé de procuration de son frère Jean pour la succession de Charles Philibée. Il reçoit en héritage une rente de 6000 livres constituée par les Etats de Bretagne à Charles Philibée datée du 30 juin 1745.

En 1752, il demeure à Morlaix où il occupe les fonctions de receveur des fouages et deniers extraordinaires de l’évêché de Tréguier, (il a succédé à Mazurier dans les fonctions de receveur des fouages de l’évêché de Tréguier et de Léon), ancien maire et lieutenant général de police de Morlaix, banquier et négociant en cette même ville.

De 1762 à 1764, Jean de Lannux de La Chaume devient maire de Morlaix ville de 10000 habitants. Potier de Courcy parle de trois maires de Morlaix de 1753 à 1776 appartenant à la famille de Lannux.

Il siège aux Etats de Bretagne, l’épée au côté comme les maires de Nantes, de Brest et de Saint Malo. Les maires ne conservent cette place que deux ans, ce sont de gros négociants « voyage dans le Finistère ou Etat de ce département en 1794 et 1795 ».

A partir de 1751, des sommes importantes seront consacrées par la mairie à la reprise des travaux de modernisation de la ville. Mais la communauté, anticipant sur les subventions à venir, se lance dans la réalisation d’un grand programme d’urbanisme. L’Intendant de Bretagne, ému par le chiffre des dépenses engagées, écrit à M. Lannux maire, que la ville a entrepris trop de choses à la fois et « qu’il n’aurait fallu en faire qu’à proportion des fonds qu’on pouvait y employer » (source Joachim Dorsel « Histoire de Morlaix »).

En l’année 1765, la valeur des biens meubles de Jean Lannux l’aîné est supérieure à 300 000 livres (≈ cinq-millions-cinq-cent-mille euros).

En 1767, il est cité en premier parmi les 31 marchands en gros de Morlaix qui s’occupent de l’achat par commission, de toiles pour l’Espagne, avec d’autres membres de sa famille : Lannux, Miron, la veuve Descombes, Béhic, etc.

La même année, il est consul d’Espagne et s’associe à Joseph Dubernard pour créer une affaire à Séville (import d’huile d’olive) dont il détient les 3/8ème des actions.

Petite anecdote sur la puissance et la richesse de la famille Lannux de la Chaume, racontée par Louis Le Guennec, à l’occasion d’une session des États de Bretagne :

« Notre cité a avait alors pour maire Jean Lannux de la Chaume, riche négociant, châtelain du Rascoët en Garlan, lequel avait une très haute idée de sa charge. il avait invité à diner le Duc de Fitz-James ; mais celui-ci n’étant pas arrivé à l’heure convenue, Lannux de la Chaume voulut que ses autres se missent à table sans se préoccuper du retardataire. Lorsque le puissant duc survint, un quart d’heure plus tard, accompagné de vingt-cinq gentilhommes, son hôte lui cria, sans permettre que personne se dérangeât : “Mille excuses, Monseigneur, mais le Maire de Morlaix n’attend personne !”. Le président des États eut l’esprit de trouver la boutade et le festin excellents. Se non è vero è ben trovato ».

Famille

Le 24 avril 1741, Jean de Lannux l’aîné épouse, en premières noces, à Morlaix paroisse St Mathieu, Marie Anne Salaün de Belair, baptisée le 30 mai 1723 à la paroisse St Mathieu de Morlaix, fille de Pierre François Salaün de Belair et de Barbe le Masson. Marie Anne Salaün décède avant septembre 1745. De ce mariage, il y a au moins deux enfants :

  • Jeanne de Lannux, née le 26 octobre 1741, décédée le 27 octobre 1741 à l’âge d’un jour, à Morlaix, paroisse St Melaine.
  • Marie Barbe Charlotte de Lannux de La Chaume, née en 1743 (15 ans à son mariage) à Morlaix. Elle épouse le 24 janvier 1758 à Morlaix, paroisse Saint Martin, Robert du MOLARD, âgé de 30 ans, né en 1728 dans le Vivarais.

En secondes noces, Jean de Lannux de la Chaume, épouse le 27 septembre 1745 à Landivisiau (29), Marie Elisabeth Guillemette Vallays, Dame de la Boquetière, née après 1722 à Landivisiau, fille de Noble Homme Antoine Julien et de Magdeleine David, Dame de Villeneuve. Elle décède à Morlaix, paroisse St. Martin le 21 janvier 1760.

De ce mariage, il y a au moins deux enfants :

  • Julien Marie Juge de Lannux
  • Marie Françoise Louise de Lannux

La famille Lannux de la Chaume sera alliée aux grandes familles de Morlaix à travers sa descendance : Miron, Gratien de Saint Maurice, Le Jumeau de Kergaradec, Dubernard.

Après la révolution française de 1789, la famille Lannux de la Chaume disparait progressivement de Morlaix (dernière présence avérée : 1800). Elle réapparait à Seville (Espagne) au début du 19ème siècle avant de gagner l’Amérique du Sud.

Sources : 

  • Archives de la ville de Morlaix (Finistère)
  • Archives départementales du Finistère
  • Archives de la ville du Roullet-Saint-Estèphe (Charentes).
  • Archives départementales des Charentes
  • Histoire de Morlaix, des origines à la Révolution, par Joachim Darsel
  • Les Juloded de Louis Élégoët
  • Ces Messieurs de Morlaix, de Hubert de Langle
  • Histoire de Morlaix, Daumesnil et Allier
  • Morlaix et sa Région, de Louis Le Guennec
  • M. Guy de Rambaud.
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